Voeux pour Anglet 2026
En ce début d’année 2026, Mahaut Fanchini et les membres d’Anglet Ensemble tiennent à partager leurs vœux avec les habitantes et habitants d’Anglet.


Je vous souhaite une ville vivante,
une ville qui a de la jeunesse, de l’énergie et la mémoire de son identité maraîchère.
Je nous souhaite une ville lucide. Une ville qui regarde en face ce qu’elle est devenue :
quarante-trois mille habitants,
beaucoup de béton,
l’océan tout près — et pourtant parfois si loin,
un foncier toujours plus cher,
et des familles qui, doucement, font leurs cartons.
Je nous souhaite le courage de dire
que l’on a trop construit
quand on aurait dû mieux habiter.
Que l’on a sacrifié des terres fertiles et des lieux de vie
à une urbanisation sans âme.
Je nous souhaite une ville qui respire à nouveau.
Une ville qui protège ses sols autant que ses relations humaines.
Qui redonne de la place aux arbres,
aux jardins partagés,
aux places publiques,
aux cafés associatifs,
aux bancs où l’on s’assoit sans consommer,
aux rues où l’on se rencontre sans se presser.
Je nous souhaite une ville où l’on se déplace autrement.
Une ville où marcher n’est pas dangereux,
où le vélo n’est pas un courage,
où les enfants, les personnes âgées
et les personnes en situation de handicap
peuvent circuler en sécurité.
Une ville qui développe les mobilités douces
non par effet de mode,
mais pour apaiser l’espace public,
réduire les nuisances,
et reconnecter les quartiers entre eux.
Une ville où les trajets quotidiens
deviennent des temps de vie,
de rencontre,
et parfois même de plaisir.
Je nous souhaite une ville où la culture
n’est pas un supplément d’âme,
mais un bien commun.
Une ville qui soutient ses artistes,
ses associations,
ses lieux de création et de transmission.
Une ville où l’on peut écouter, apprendre, débattre,
et parfois simplement être ensemble.
Je nous souhaite de ne plus voir l’océan comme un décor,
mais comme une responsabilité partagée.
Qu’il nous rappelle chaque jour
que le temps est long,
que le vivant est fragile,
et que ce que nous faisons ici engage notre capacité à faire société.
Je nous souhaite une ville habitable,
pas seulement rentable.
Une ville où travailler ne condamne pas à partir pour se loger.
Une ville où les jeunes peuvent rester,
où les familles peuvent revenir,
où vieillir n’est pas être isolé.
Je nous souhaite des choix parfois difficiles,
parce qu’ils sont nécessaires.
Des débats ouverts,
parce que la démocratie locale
se nourrit de la parole et de l’écoute.
Des renoncements aussi,
parce que tout ce qui est possible
n’est pas souhaitable.
Je nous souhaite une politique municipale
qui protège avant de vendre,
qui planifie avant de bétonner,
qui soutient la culture et la vie associative,
qui investit dans les mobilités douces,
et qui fait du lien social
un objectif aussi essentiel que le logement ou l’économie.
Et surtout,
je nous souhaite une ville qui se souvienne
qu’elle n’est pas faite seulement de mètres carrés,
mais de terres et de cultures,
pas seulement de chiffres,
mais de liens, de visages et de vies.
C’est cela, au fond, le vœu que je forme :
que notre ville cesse d’être un produit
et redevienne un projet commun,
convivial, créatif, solidaire
et profondément humain.
Mahaut Fanchini
Publié le2 janvier 2026
